Réglementation

Ramonage obligatoire : qu'a changé le décret de 2023 ?

Ramonage obligatoire : ce que le décret de 2023 a changé pour le certificat, les appareils visés et la répartition des rôles entre locataire et propriétaire.

Certificat de ramonage officiel tamponné posé sur un plan de travail en bois

Pendant des décennies, l'obligation de ramonage relevait surtout du règlement sanitaire départemental et d'arrêtés municipaux, avec des règles variables d'une commune à l'autre. Le cadre s'est clarifié avec un décret entré en vigueur en 2023, qui pose enfin des repères nationaux. Beaucoup de propriétaires et de locataires se demandent ce qui a réellement changé. Voici une lecture claire de vos obligations actuelles.

Une obligation désormais ancrée dans un texte national

Avant 2023, un occupant pouvait être soumis à une fréquence ou à des modalités différentes selon son adresse. Le décret a posé un socle commun : tout conduit desservant un appareil de chauffage à combustion doit être ramoné régulièrement, et l'intervention doit donner lieu à un document écrit. L'objectif affiché est double : réduire les risques d'incendie de cheminée et limiter les intoxications au monoxyde de carbone.

Le texte ne supprime pas pour autant les règles locales. Le règlement sanitaire départemental, repris par arrêté préfectoral, reste la référence qui fixe la fréquence de ramonage et ses modalités, et il varie d'un département à l'autre. En cas de doute, c'est le texte applicable chez vous qu'il faut vérifier.

Quels appareils et quels conduits sont visés

Ramoneur en silhouette sur un toit, canne et hérisson à la main, au coucher du soleil dans les Alpes

L'obligation concerne les conduits raccordés aux appareils brûlant du bois, des granulés, du fioul, du gaz ou du charbon. Sont donc visés aussi bien une cheminée à foyer ouvert qu'un insert, un poêle à bois, un poêle à granulés ou une chaudière. Le point essentiel à retenir est que l'obligation porte sur le conduit dans son ensemble, du foyer jusqu'à la sortie en toiture.

Un conduit propre n'est pas une formalité administrative : c'est la première barrière contre le feu de cheminée et l'accumulation de monoxyde de carbone.

Le ramonage mécanique, pas seulement le chimique

Le décret distingue le ramonage mécanique, réalisé avec un hérisson qui décolle physiquement les dépôts, du simple traitement chimique par bûche ou poudre. Les produits chimiques peuvent aider à réduire l'encrassement entre deux passages, mais ils ne remplacent pas le ramonage mécanique réalisé par un professionnel. C'est ce dernier qui est reconnu pour satisfaire l'obligation et déclencher la remise d'un certificat.

Un document écrit devenu central

La grande évolution pratique tient au certificat de ramonage. À l'issue de l'intervention, le professionnel doit remettre une attestation mentionnant l'opération réalisée et l'état du conduit. Ce document n'est pas un simple reçu : il sert de preuve en cas de sinistre et peut être demandé par votre assurance habitation. Le conserver soigneusement, idéalement plusieurs années, est devenu un réflexe à adopter.

Qui doit s'en occuper concrètement

La règle générale veut que l'entretien courant, dont le ramonage, incombe à l'occupant du logement. Dans une location, c'est donc souvent au locataire d'organiser et de financer le passage, sauf dispositions particulières du bail. Le propriétaire conserve néanmoins la responsabilité du bon état des conduits. Cette répartition mérite d'être clarifiée dès l'entrée dans les lieux pour éviter les litiges.

Que risque-t-on en cas de manquement

Ne pas respecter l'obligation de ramonage n'est pas sans conséquence. Sur le plan administratif, une amende peut être encourue, le montant variant selon les textes applicables. Mais le risque le plus lourd est ailleurs : en cas de sinistre, un défaut d'entretien avéré peut conduire l'assureur à réduire fortement, voire à refuser, l'indemnisation. Autrement dit, l'économie réalisée en sautant un passage peut coûter infiniment plus cher le jour d'un incident. C'est cette logique de prévention, autant que la contrainte légale, qui justifie de tenir le calendrier d'entretien.

Il faut aussi garder en tête que l'obligation porte sur un acte de sécurité concret, pas sur une simple case à cocher. Un conduit encrassé accumule du bistre, réduit le tirage et augmente la probabilité d'un départ de feu. Le cadre réglementaire ne fait que traduire, en règles, des risques bien réels du quotidien.

Au final, le décret de 2023 n'a pas inventé une nouvelle contrainte : il a unifié et rendu plus lisible une obligation qui existait déjà. Pour aller plus loin sur la fréquence, le certificat ou la couverture d'assurance, parcourez nos autres guides depuis l'accueil. L'essentiel reste simple : faire intervenir un professionnel, récupérer son attestation, et la conserver.