Vous louez un logement équipé d'une cheminée, d'un poêle ou d'une chaudière, et une question revient sans cesse : qui doit s'occuper du ramonage, et surtout qui doit le payer ? La réponse mérite quelques nuances, mais elle est plus simple qu'il n'y paraît. En règle générale, le ramonage courant fait partie de l'entretien à la charge du locataire, tandis que le propriétaire assume la conformité et les gros travaux du conduit. Voici comment s'y retrouver, sereinement, sans mauvaise surprise au moment d'un sinistre ou d'un état des lieux.
La règle générale : un entretien courant à la charge du locataire
Le ramonage est considéré comme un acte d'entretien courant du logement. À ce titre, il relève des réparations locatives, c'est à dire des opérations habituellement supportées par le locataire pendant la durée du bail. Le décret qui fixe la liste de ces réparations mentionne explicitement le ramonage des conduits de fumée et de ventilation. Concrètement, lorsque vous occupez un logement avec un appareil de chauffage à combustion, c'est à vous d'organiser et de financer le ramonage régulier, comme vous le feriez pour l'entretien d'un robinet ou le remplacement d'un joint.
Cette logique vaut pour le passage du ramoneur, le nettoyage mécanique du conduit et la délivrance de l'attestation. Le locataire profite de l'appareil au quotidien, il en assure donc le bon usage et l'entretien régulier.
Quelle fréquence respecter selon votre installation ?

Les obligations de ramonage dépendent du combustible utilisé. Les repères à connaître sont les suivants :
- Combustibles solides comme le bois et le charbon : deux ramonages par an, dont un pendant la période de chauffe.
- Combustibles gazeux ou liquides comme le gaz et le fioul : un ramonage par an.
Ces fréquences constituent une base nationale, mais elles peuvent être renforcées localement. Le Règlement Sanitaire Départemental Type (RSDT) et les arrêtés préfectoraux précisent les règles applicables dans votre département. Mieux vaut donc vérifier les obligations en vigueur là où vous habitez, par exemple dans les Bouches du Rhône ou en Haute Garonne. Pour faire le point sur le cadre légal applicable cette année, notre article sur la loi ramonage en France en 2026 détaille tout cela.
Ce qui reste à la charge du propriétaire
Si le ramonage courant incombe au locataire, le propriétaire bailleur n'est pas pour autant déchargé de toute responsabilité. Il lui revient de fournir un logement décent, doté d'une installation de chauffage en bon état et conforme. Tout ce qui relève de la structure du conduit ou de sa remise en état dépasse l'entretien courant et reste donc à sa charge.
Sont notamment concernés :
- Le tubage ou le chemisage du conduit lorsqu'il est nécessaire.
- La réfection ou la réparation d'un conduit dégradé, fissuré ou non conforme.
- La mise aux normes de l'installation de fumée ou de ventilation.
Autrement dit, le locataire entretient, le propriétaire répare et garantit la conformité. Cette répartition protège les deux parties : un conduit sain entretenu régulièrement limite les risques d'incendie et d'intoxication au monoxyde de carbone.
Le rôle du bail et de l'état des lieux
La règle générale peut être précisée, voire aménagée, par le contrat de location. Certains baux comportent des clauses détaillant la fréquence du ramonage ou imposant la conservation des justificatifs. Il est donc essentiel de lire attentivement son contrat : c'est lui qui fixe les engagements concrets de chacun.
L'état des lieux d'entrée joue lui aussi un rôle important. Il consigne l'état du conduit et de l'appareil au moment de l'emménagement. À la sortie, le bailleur peut vérifier que l'entretien a bien été assuré. Un locataire qui a fait ramoner régulièrement et conservé ses attestations aborde l'état des lieux de sortie l'esprit tranquille, sans risque de voir une retenue appliquée sur son dépôt de garantie pour défaut d'entretien.
Qui conserve l'attestation de ramonage ?
Après chaque intervention, le professionnel remet une attestation de ramonage. Ce document précieux mentionne le conduit traité, la date du passage et confirme la vacuité du conduit. C'est le locataire qui paie l'intervention et qui conserve l'attestation pendant la durée d'occupation. Il peut, et a tout intérêt à le faire, en transmettre une copie au propriétaire ou au syndic afin que le suivi de l'installation soit complet.
Pour que ce document ait toute sa valeur, il doit être délivré par un professionnel qualifié. Une attestation établie par un ramoneur certifié est reconnue des assureurs et fait foi en cas de contrôle ou de sinistre. Notre guide pour reconnaître un ramoneur certifié et éviter les arnaques vous aide à choisir le bon intervenant.
Le cas des immeubles en copropriété
En appartement, la situation se complique légèrement. Lorsque le conduit est individuel et dessert votre seul logement, la logique reste la même : le locataire en assure le ramonage courant. En revanche, lorsqu'il s'agit d'un conduit collectif desservant plusieurs logements, son entretien relève de la copropriété et donc du syndic. Les frais sont alors répartis dans les charges, selon les modalités prévues par le règlement de copropriété. Mieux vaut se renseigner auprès du syndic pour savoir précisément ce qui est pris en charge collectivement et ce qui reste individuel.
Pourquoi l'attestation protège votre assurance habitation
Au delà de l'aspect réglementaire, le ramonage a un impact direct sur votre couverture en cas de sinistre. L'absence de ramonage peut exposer à une amende de troisième classe, mais surtout, en cas d'incendie lié au conduit, l'assureur peut réduire son indemnisation s'il constate un défaut d'entretien. Conserver ses attestations devient alors une véritable protection financière. C'est précisément pour cette raison que le locataire a tout intérêt à ne jamais négliger ce passage. Pour comprendre les liens entre entretien et garanties, consultez notre article sur le ramonage et l'assurance habitation.
En résumé : vérifiez toujours votre bail
Dans la grande majorité des cas, le ramonage courant relève du locataire, tandis que le propriétaire prend en charge la conformité et les gros travaux du conduit. Mais le contrat de location, l'état des lieux et le statut du conduit en copropriété peuvent nuancer cette répartition. Le réflexe à adopter reste simple : relire son bail et, en cas de doute, en parler avec le bailleur ou le syndic.
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